Schaufenster était une expérimentation, une aventure, et un artiste-run space fondé sur des principes fondamentaux de respect pour les recherches et productions artistiques, à une époque où l’art était davantage perçu comme une passion que comme une profession. Nous étions accompagné·e·s par des administrateur·rice·s dans notre domaine pour créer ce cadre. Prévue comme une expérience brève, elle s’est finalement prolongée bien au-delà des attentes initiales, grâce à leur soutien et leur expertise, plus que cinq ans.

Un article d’Emmanuel Dosda (extrait) :
En cherchant un lieu de stockage, les artistes Florian Tiedij et Armin Zoghi découvrent l’espace de la galerie, fin 2009.
L’endroit s’avérant inadéquat pour y entreposer, mais idéal pour exposer, ils prennent contact avec son propriétaire, Raymond Muller, par ailleurs très actif dans la vie culturelle de la ville, et lui proposent d’investir cette ancienne épicerie: une intervention artistique composée d’une maquette du lieu (ré-jouissante mise en abîme) et de photographies du duo… qui désire poursuivre l’aventure. En vrai mécène, le président de l’association de la Bibliothèque humaniste de Sélestat fait des travaux d’aménagement et loue son bien pour une somme symbolique.
Après la fondation du comité de sélection et le dépôt des statuts de l’association du même nom, Schaufenster invente un mode de fonctionnement propre. La galerie se passe de subventions publiques, mais lance un fonds de dotation (le premier en France pour l’art contemporain).
Un processus se met en place : une carte blanche est proposée à un artiste qui en convie un second. Des dialogues s’instaurent ainsi entre Cécile Beau & Mathieu Harel-Vivier, Abraham Poincheval & Jean-Luc Brisson, John Cornu & Benjamin Husson, Marie Prunier et Joseph Kieffer, Antoine Lejolivet et Grégory Cuquel, Cécile Holveck & Laurent Bechtel… Titrés Entrez, c’est fermé ou Dedans. Les artistes-galeristes conversent avec les plasticiens et leur proposent d’expérimenter des choses parfois éloignées de leur démarche. Et, occasionnellement, techniquement complexes : pour le finissage de Collision élastique, Antoine Lejolivet a rassemblé l’ensemble des guirlandes lumineuses de Noël appartenant à la ville afin de composer Big Crunch, installation nécessitant d’importants besoins électriques.
Ici encore, il ne s’agissait pas d’occuper un mur blanc, mais des vitrines de magasin, c’est le parti pris par l’équipe : les spectateurs, la plupart du temps de simples passants, voient les œuvres depuis la rue. Cette galerie, faisant face au Frac Alsace, accueille des propositions qui intègrent naturellement cette donnée, les badauds étant plus nombreux que le public venu expressément.





L’équipe de A à Z
Mathilde Ehret-Zoghi, Grégory Jérome, Nathalie Le berre, Claude Le berre,
Raymond Muller, Gauthier Sibillat, Anne Sophie Tiedje, Florian Tiedje, Armin Zoghi
Production:
« Fonds de dotation Interfaces »
avec le soutien :
DRAC Grand Est, Ville de Selestat
AREA Région Alsace, Eurodistrict
+ Cotisations des membres
